Le château de Cerny




Historique

La propriété actuelle offre un ensemble bâti de 1 200 m2 d’un seul tenant composé d’un corps de bâtiment principal de 28,80 mètres sur 7 mètres et d’une aile de 18,80 mètres sur 10,20 mètres, le tout s’élevant sur trois niveaux au dessus des caves. A proximité se trouvent une remise de 50 m2 sur deux niveaux et les ruines d’une orangerie. Dans le parc d’environ 2 hectares se dressent les ruines d’une gloriette.

Cette maison fut celle des seigneurs de Cerny. Avant la Révolution elle s’étendait de la rue Véron à la rue de l’Abreuvoir. Dans un premier temps, le domaine fut divisé en deux par la rue de la mairie. Au cours des ans d’autres divisions suivront.

Au XVIIIe siècle cette propriété était connue sous le nom de "fief saint Pierre " et jusqu’en 1840 on l’appelait aussi communément le "Séminaire ".

En 1697, un pieux donateur dont le nom demeure inconnu, permit dans notre commune l’établissement d’un petit séminaire pour les clercs de l’archidiocèse de Sens dont nous dépendions alors du point de vue ecclésiastique.

L’archevêque de Sens, Mgr Hardouin publia une lettre pastorale concernant l’établissement de ce séminaire.

Après avoir pensé à l’obligation qui incombe aux évêques de former à la vertu et à la science les jeunes aspirants au sacerdoce, celui-ci ordonne, pour obéir au saint concile de Trente et pour suivre l’exemple de saint Charles Boromée, promoteur des séminaires, de créer un séminaire à Cerny. En voici le résumé :

"…La piété de quelques personnes nous ayant facilité l'exécution de ce dessein dans le bourg de Cerny, prosche la Ferté-Aleps, entre Estampes et Fontainebleau, nous avons résolu d'y établir ce premier séminaire où nous ferons élever un certain nombre d'enfants destinés pour l'état ecclésiastique...

Ils y seront sous la conduite du sieur curé du lieu et seront instruits par des maîtres qui demeureront avec eux…

Nous exhortons les curés d’avertir aux prônes leurs paroissiens de ce nouvel établissement, de leur en faire connaître les avantages et d’apporter tous leurs soins pour qu’ils en puissent profiter.

Donné à Sens, le 6 septembre 1697.

Signé : Hardouin, archevêque de Sens ".

Le séminaire ne fut pas installé immédiatement mais un règlement fut élaboré. Il nous prouve que le séminaire était ouvert pour l’année 1699.

Dès que le séminaire fut fondé, Claude Thierrat, curé à Cerny, fut nommé par l’archevêque de Sens supérieur au séminaire. Son vicaire Delaroche y était appelé comme professeur.

Ce séminaire fut prospère jusqu’à la révolution ; il disparut dans la tourmente révolutionnaire vers 1792.

Au dire de l’archevêque de Sens, le séminaire de Cerny eut un minimun de cinquante élèves jusqu’à sa disparition.

Comme la plupart des châteaux et maisons bourgeoises de notre région, le château de Cerny fut occupé par les Prussiens pendant l’invasion allemande de 1870. Du 14 au 22 mars 1871, en plein armistice, six détachements allemands, au nombre de 81 officiers et soldats, avec 23 chevaux vinrent s’y installer. Précédemment et à plusieurs reprises ce sont 228 officiers et soldats avec 51 chevaux qui vinrent loger chez Monsieur David propriétaire des lieux. Ces soldats causèrent de nombreuses dégradations et vols.

Comme les mêmes causes génèrent les mêmes effets, les Allemands s’installèrent à nouveau au château de 1940 à 1944.

En juin 1940, l’afflux de réfugiés fuyant devant l’invasion allemande nécessita la création d’une troisième classe qui fut installée dans les communs du château de Cerny qui appartenait alors à la famille Rombaldi. Mme Vinot participa bénévolement au fonctionnement de cette classe.

A la suite de cette installation, le Conseil municipal fut amené en séance du 24 août 1940 à prendre cette décision :

Gratification à Mme Moreau

Le Conseil,

en raison de la création d’une troisième classe à l’école de Cerny décide d’allouer à Mme Moreau, femme de service, la somme de 200F comme gratification en raison du supplément de travail, balayage etc… occasionné par cette création et que ladite somme sera inscrite en un article au budget additionnel 1940.



Les propriéraires

Au cours des âges cette propriété a appartenu à :

M. de Challerange

M. Jean François Rolland de Challerange, chevalier, conseiller en la cour du Parlement de Paris, seigneur de Challerange, châtellenie de Vanant le Châtel, Vernancourt, Voyse, Moinville, des fiefs saint Pierre, de la Grange Poulain, du Perret saint Martin de Cerny et autres lieux.

Le 4 février 1749, il est désigné par Mme de Gomont lors d’une donation qu’elle fit, pour choisir dix pauvres enfants de Cerny pour être scolarisés.

En 1760, il fait nommé F. Louis Hézard vicaire de Cerny.

En 1771, lors de l’exil du Parlement, il se retira à La Châtre et n’obtint qu’en 1775 l’autorisation de revenir dans sa propriété de Cerny.

Autrefois, on pouvait voir au dessus de la porte de la sacristie de l’église de Cerny, un tableau représentant saint Pierre aux armes de M. de Challerange

M. de Mirebeau

Famille qui sous la Restauration s’était distinguée dans le militaire et comptait parmi les mousquetaires gris de Sa Majesté.

Benoist Pierre Henry de Mirebeau, auditeur en la Chambre des Comptes de Paris, il mourut en 1823.

Son nom est cité à l’article 20 de la fête en l’honneur de l’Etre Suprême qui sera célébrée le 30 prairial an II. C’est ce qui nous permet de savoir qu’il était à cette époque propriétaire du château de Cerny : "Art. 20 - Il (le cortège) continuera sa marche par le même rue jusqu’à la maison du citoyen Mirebeau et prendra par le chemin qui est vis à vis pour se rendre à la place du Carrefour du Puits (croisement des rues de l’Egalité - René Damiot - Michel Cadoret), où il fera station et chantera des couplets civiques ".

Il sera élu au Conseil Municipal de Cerny en janvier 1815 et y restera jusqu’à sa mort.

M. David

M. David Céleste Etienne, (24 janvier 1802 à Paris - 16 avril 1875 à Paris), il épousa Marie du Mont Carmel Sanchez y Grignan (14 octobre 1805 à Santiago de Cuba - 20 septembre 1888 à Cerny). Ancien ministre plénipotentiaire, Commandant de l’Ordre de la Légion d’Honneur et de divers ordres étrangers.

Nous apprenons qu’il était propriétaire du château de Cerny en 1870 en consultant le document qu’il rédigea pour faire valoir ses droits après le passage des soldats prussiens et qu’il intitula : "Etat des pertes éprouvées par M. C.E. David ancien ministre plénipotentiaire de France, à son château de Cerny, près la Ferté-Alais (Seine-et-Oise) pendant l’invasion allemande ".

Famille de Clercq

La famille de Clercq s’installe à Cerny en 1831. Depuis cette date la plupart des membres de cette famille se font inhumer dans le cimetière de Cerny, pourtant ce n’est qu’en 1890 qu’Henri de Clecq devint propriétaire du château. Nous pouvons retenir les noms de :

Famille Rombaldi

M. Toussaint Rombaldi (1885-1938) et son épouse Germaine Rombaldi.

Il était propriétaire des éditions Rombaldi qui furent rachetées en 1988 par le groupe Hachette.

Famille Majoni

Dans les années 1980, après que la majorité du conseil municipal eut rejeté la proposition de rachat qui lui était faite pour en faire la mairie, le château fut racheté par M. Majoni.

Ville de Cerny

Domaine acheté par la ville de Cerny le 30 avril 2003.