L'église Saint-Pierre Saint-Paul




L'église aujourd'hui L'église avec son clocher d'origine


Historique
L'église telle qu'elle se présente aujourd'hui, aurait été commencée en 1230, sous l'impulsion de Blanche de Castille, et achevée en 1247. Pourtant, plusieurs documents antérieurs à ces dates, mentionnent déjà la paroisse de Cerny. Elle n'offre pas aux regards un ensemble architectural de même style, elle a subi à diverses époques impossibles à préciser, sauf aux dates de 1492 -1493 et 1643, des remaniements plutôt que des réparations parfaitement visibles à cause de certaines fantaisies et de certains anachronismes fort regrettables.
Elle est inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, en totalité, depuis le 10 février 1948.

Description sommaire
Construction en moellons, couverture en tuiles plates et clocher en ardoises. Le plan de l'édifice affecte la forme d'un T et se compose d'un seul bâtiment de deux hauteurs différentes. La partie la plus élevée correspond au chœur, l'autre à la nef. Des deux côtés du monument, à droite et à gauche, se dressent des contreforts simples dans toute la longueur de la nef, avec arcs-boutants le long du chœur. Sans abside, l'église se termine par un chevet droit contre lequel sont adossés trois autels. Elle mesure 35 mètres de long sur 16,50 mètres de large, dans le chœur, et 13 mètres dans la nef.

La nef
Durant les dernières années du XIXe siècle, deux rangées de piliers ont été placées dans un axe faisant suite aux piliers du chœur et ce jusqu'au fond de l'église donnant assise à une grande nef en ogive et deux petits bas-côtés, travail qui prolonge l'aspect et le style dans lequel a été construit le chœur. En raison de ce travail, la petite porte du côté évangile s'est trouvée murée à cause d'un pilier adossé à elle à l'intérieur de l'église. La porte en bois est actuellement celle de la sacristie. A l'entrée de la nef sur le côté gauche se trouve un bénitier en marbre datant du XVIIIe siècle.

L'autel de sainte Thérèse
Sur le côté droit, sous le clocher là où l'on voit actuellement l'autel de sainte Thérèse est établi le baptistère, le sol en a été surélevé vraisemblablement avec les pierres sacrées de l'ancien maître-autel, des croix sculptées qu'on y trouve paraissent l'indiquer. Signalons que pendant une dizaine d'années (1950 - 1960) les fonts baptismaux se trouvaient tout contre le fond de l'église côté Evangile. En 1960 l'abbé Hurlin qui avait la cure de Cerny fit receler les fonts baptismaux à leur place d'origine.

La tribune d'orgue
A l'origine les quatre colonnes corinthiennes à cannelures alternativement dorées ou vernie avec entablement en bois, corniche, frises et modillons, de style antique, qui soutiennent cette tribune d'orgue décoraient l'ancien retable du maître autel dont le fond était rempli par un tableau figurant le Bon Pasteur avec ses brebis. Précédemment on voyait à la place de ce tableau une descente de Croix, copie de Le Brun, elle fut presque entièrement détruite par un orage le 13 Août 1722. Actuellement, le tableau du Bon pasteur surplombe la chaire.

Le chœur
Le chœur, proprement dit, formé de deux rangées de piliers de 0,80 mètre de diamètre au fût, n'a que 7 mètres de large, mais il est flanqué de deux bas-côtés de 3,50 mètres de large chacun. Les murs gouttereaux, qui supportent la voûte ogivale équilatère, reposent sur deux travées d'arcades en plein cintre retombant sur les piliers. Les travées d'inégales grandeurs mesurent 6,50 mètres et 5,50 mètres. Du côté de l'Epître seulement les chapiteaux sont sculptés, leur style appartient à l'époque romane, leur tailloir supporte la base de cinq petites colonnettes qui s'élèvent jusqu'à la naissance de la voûte et supportent sur leur chapiteau les arcs doubleaux et les nervures. Vers la nef à l'endroit ou devait être le transept, la poussée des voûtes est annulée par l'addition d'un contrefort plaqué sur le dernier pilier, et arrêté sous la base d'une deuxième colonne, à relief dégagé qui remplace les colonnettes citées plus haut. Du côté du chevet au contraire les arcs-doubleaux viennent s'amortir sur un cul de lampe. La colonne est, ici, remplacée par un pilastre adossé au mur droit du fond, et présente un chapiteau sculpté.

La grande verrière
Le mur du fond est ajouré à droite et à gauche par deux fenêtres en tiers point, au centre par une large baie du XVIe siècle. Elle mesure 7,50 mètres de haut sur 4,50 mètres de large et est divisée par des meneaux de pierre en cinq baies cintrées. Au tympan un premier rang de cinq compartiments en cœur, puis un sixième renversé beaucoup plus grand, et deux interstices. La grande verrière moderne et aux tonalités un peu vives, elle a été partiellement refaite en 1949 après avoir été endommagée en 1943, représente à droite et à gauche saint Pierre et saint Paul, les patrons de l'église, surmontés de cinq médaillons représentant des animaux apocalyptiques : l'agneau christique, l'ange de Mathieu, le lion de Marc, l'aigle de Jean, le taureau de Luc. Dans un sixième compartiment, en forme de cœur inversé une scène de la passion du Christ.

Le maître-autel
Dans le prolongement de la nef est situé le maître-autel. Il a la particularité d'être orné de scènes peintes et émaillées réalisées en 1892 par l'abbé Notte, curé de la paroisse. L'ensemble se compose de 23 tableaux dont la Cène, le sacrifice d'Isaac, la Crucifixion, un Sacré-Cœur et une galerie de portraits de Saints. Les deux statues de Saint Pierre et de Saint Paul qui se tiennent de chaque côté du Maître-Autel proviennent de l'église de Chantilly d'où elles furent apportées en 1962. En effet deux statues à peu près identiques à celles-ci se trouvaient à cette place jusque vers 1900, que sont-elles devenues alors ? Dieu seul le sait. Pour redonner au chœur l'allure qu'il avait au moment de sa restauration (1880), l'abbé Hurlin fit en sorte de retrouver deux statues de même style. Le chœur, comprend également un lutrin en bois sculpté du XVIIe siècle, fleurdelisé, surmonté d'un aigle, mutilé à la Révolution.

L'autel de saint Joseph
A l'extrémité de chaque nef existe un autel. Du côté de l'Evangile celui de saint Joseph qui abrite une peinture sur bois datant du XVIIe siècle, "le Christ en croix " , attribuée à un copiste de Lebrun. Ce tableau reprend l'un des thèmes iconographiques chrétiens les plus courants, la crucifixion. On y remarque la vierge vêtue de noire, sainte Madeleine qui embrasse les pieds du Christ et saint Jean drapé dans un manteau rouge, reconnaissable par sa jeunesse et son manque de barbe.

L'autel de la Très sainte Vierge
Et du côté de l'Epître l'autel de la Très sainte Vierge qui abrite une huile sur toile datant du XVIIème siècle représentant "Notre Dame de la miséricorde " ; la Vierge Marie protège des enfants sous son manteau étendu. La Vierge de la Miséricorde était très populaire au Moyen-Age car on lui demandait d'intercéder auprès du Christ pour soulager les populations souffrantes.

La sacristie
Un édicule en saillie au sud forme la sacristie qui est voûtée et fermée par une porte à cintre surbaissé. Adossée à la sacristie est une très petite construction à peu près brute, sans aucun caractère, qui consiste uniquement en une voûte en berceau et constitue l'ancienne sépulture de la Famille de Selve. Une plaque de marbre noir porte cette inscription : "Tombeau de Mrs et Dames De Selve (De 1521 au 29 Juin 1824) ".

Le porche
Sur le pignon ouest, l'entrée de l'église est protégée par un porche à jour. Il est formé de quatre colonnes doriques, en grès monolithes, terminées par un chapiteau carré sur lequel est assise la sablière de l'auvent, et reposant sur un bahut carré interrompu au droit des portes. L'une de ces colonnes porte en caractères romains, sculptés en relief, le millésime 1600 puis en chiffres arabes le millésime 1625, et enfin plus bas deux clefs de saint Pierre en sautoir, nouées par une corde, et quatre lettres complètement frustes et indéchiffrables. Dans l'axe de la face est percée une grande baie ogivale ornée d'un chambranle assez élégant. La porte en bois qui l'occupe est formée de petits panneaux primitivement ornés d'une nappe à 4 plis, à peine visible aujourd'hui. A gauche de la grande porte s'ouvrait une baie, maintenant murée, à cintre surbaissé portant chanfrein sur l'arête. A la partie haute du pignon, l'on voit une petite rosace contemporaine sans aucune valeur artistique.

Le clocher
Sur le côté droit, dans le prolongement de la porte d'entrée, est accolé le clocher carré à quatre niveaux, datant du commencement du XIIIe siècle. Il porte sur chacune de ses faces deux baies ogivales dont les archivoltes reposent sur des impostes. Sous la corniche se développent deux rangs de modillons sculptés de marmousets, de grotesques et de mascarons. Tel qu'il se présente actuellement, le clocher a été surélevé vers la fin du XIXe siècle et il comporte une toiture en flèche à quatre pentes avec couverture en ardoises.

La cloche
Jusqu'à la Révolution le clocher contenait trois cloches, il n'en renferme plus qu'une, fondue au XVIe siècle. Cette cloche mesure 3,25 m de circonférence, sur 1,10 m de haut, elle est ornée d'une inscription en caractères gothiques de 30 à 25 millimètres : "Je fuz faicte en l'An mil V c L VIII et fuz nommée marie par noble home lazare desselve sr de Villiers et damoile katrila fe " ; cette dernière formule nous rappelle que Lazare de Selve avait épousé Catherine Pignard en 1534, de 7 médaillons représentant : le Père Eternel reposant sur un croissant environné de nuages, les instruments de la Passion, une croix dont les deux bras se terminent par une fleur de lys, l'écu de France avec la couronne royale, un abbé bénissant de la main droite et tenant de sa main gauche une grande croix fleurdelisée, la Vierge lisant le livre des prophéties qu'elle tient sur ses genoux, la Salutation Angélique. Le sommet de la cloche est orné d'une bordure faites de fleurs de lys de deux grandeurs différentes.

Pignon ouest

Façade sud

Coupe de la nef

Plan au sol

Plan au sol avant 1860