Retour à la page principale
Préhistoire  
Ouvrir la page en version imprimableVersion imprimable
L'âge du Cernien | Dolmens et menhirs en Essonne | 

par Alain Bénard du GERSAR à Milly-la-Forêt
(Groupe d'études, de recherche et de sauvegarde de l'art rupestre)
 
L'âge du Cernien
Le nom de Cerny est bien connu des préhistoriens.
En effet en 1960, des découvertes effectuées au nord-ouest du bourg, en direction du Petit-Boinveau, ont permis d'identifier pour la première fois une culture préhistorique qui a pris le nom de Culture de Cerny.
Ce site se place au milieu de la période néolithique, soit environ trois-mille ans avant notre ère.
Cette culture est caractérisée principalement par des pots en céramique de forme ronde, décorés de petites incisions tracées avant cuisson.

Depuis, d'autres sites Cerny ont été découverts dans l'ensemble du bassin parisien. En 1994, un colloque international s'est réuni au musée de la préhistoire de Nemours sur le sujet et a donné lieu à la publication d'un volumineux mémoire intitulé "La culture de Cerny, nouvelle économie, nouvelle société au néolithique".
La commune possède d'autres vestiges préhistoriques de cette période, en particulier un polissoir découvert en 1998 au lieu-dit “Les rochettes”, toujours sur le chemin menant au Petit-Boinveau. Perdu dans les bois, il est difficile à repérer et se trouve sur la face supérieure d'un rocher. Il comprend une cuvette polie, une rainure et plusieurs petites surfaces polies.
Cerny, habité depuis des millénaires, peut s'enorgueillir d'être devenu le site éponyme d'une culture préhistorique.
 
Définition de la culture de Cerny: groupe culturel du début du néolithique moyen, tirant son nom d'un village de l'Essonne. La culture de Cerny occupe l'ensemble du bassin parisien ; elle termine la tradition héritée des premières populations néolithiques, dites danubiennes.

La période néolithique s'étend dans notre région de -5000 à -1800 ans avant J-C (anciennement dénommée âge de la pierre nouvelle ou polie, et succédant à une période de cueillette et de chasse, c'est un tournant économique qui amène la sédentarisation de l'homme).
 
~~ o ~~
 
Dolmens et menhirs en Essonne
L'Essonne n'est pas la Bretagne et pourtant nous y trouvons des dolmens et des menhirs. Méconnus, isolés pour la plupart au milieu des bois ou des champs, ils nécessitent une recherche et une marche d'approche pour les découvrir. Ils ne figurent pas sur les guides touristiques, aussi le visiteur devra-t-il se procurer un ouvrage spécialisé ainsi que l'une des cartes topographiques précises éditées par l'Institut géographique national. Les cartes de la série bleue au 1/25 000e sont les plus appropriées. Pour un guide, nous conseillons "L'inventaire des mégalithes de la France, tome 4 - la région parisienne", aux éditions du CNRS à Paris.

Les dolmens avaient une fonction funéraire, en tant que sépulture collective, ancêtre de nos caveaux de famille. Très peu subsistent en Essonne :
le dolmen de la Pierre-levée, à Janville-sur-Juine, se présente de nos jours sous la forme d'une chambre quadrangulaire dont la dalle de couverture mesure 4 mètres sur 4,7 mètres. C'est sans conteste le plus beau mégalithe du département.
le dolmen du Grès-de-Linas, à Thionville-Cougerville, est situé en plein champ. Plus petit que celui de Janville avec une dalle de couverture de 2 mètres sur 2,5 mètres, il est moins bien conservé.

• enfin, le dolmen des Champs-Dolents, à Saint-Germain-les-Corbeil. Découvert en 1906, il fut réenterré en 1912 et n'est plus visible. Il se trouvait et doit toujours se trouver juste à côté du cimetière moderne ; curieusement, de la préhistoire à nos jours, on enterre les morts au même endroit à Saint-Germain.

Les menhirs sont plus nombreux en Essonne. Leur fonction est totalement inconnue. Nous citerons :


la Pierre-Droite, à Milly-la-Forêt, qui, avec ses quatre mètres de haut, est le plus grand de la région.

la Roche-à-Gentil, à Itteville, menhir récemment redressé.

la Pierre-à-Mousseaux, à Vigneux.

les trois petits menhirs de Brunoy en bordure de l'Yerres qui forment l'un des très rares alignements de l'Ile-de-France.

la Pierre-Fritte, à Boussy-Saint-Antoine, en bordure de l'Yerres.

Ces vestiges de cultures disparues de l'époque néolithique, soit environ trois mille ans avant Jésus-Christ, sont d'ultimes témoignages d'Essonniens d'il y a quelques millénaires. Conservons-les soigneusement. Classés monuments historiques, ils sont, en principe, protégés des dégradations, mais ils méritent tout de même vigilance et respect.

dernière mise à jour
2017-05-23
 Mairie de Cerny, 8 rue Degommier
91590   CERNY

tél: 01.69.23.11.11 fax: 01.69.23.11.10 91590 Cerny
 mairie@cerny.fr visites .
.